Reconnaissance au travail : un outil de leadership essentiel pour mobiliser et fidéliser vos équipes

Dans les organisations que j’accompagne, la reconnaissance au travail reste l’un des leviers les plus simples à activer, mais aussi l’un des plus négligés. La plupart des employés ne recherchent pas de gestes exceptionnels. Ils souhaitent simplement être vus, entendus et reconnus pour leur contribution réelle.

Dans un contexte où les risques psychosociaux (RPS) sont mieux compris et où la performance durable dépend d’un climat de travail sain, la reconnaissance n’est plus un « bonus ». C’est un déterminant essentiel de la santé psychologique, de la mobilisation et de la qualité du leadership.

Un levier de gestion souvent sous-estimé malgré son impact majeur

De nombreuses organisations considèrent encore la reconnaissance comme secondaire :

  • On manque de temps.

  • On valorise le résultat, mais rarement le chemin parcouru.

  • On oublie les travailleurs de l’ombre.

  • On hésite de peur d’être inéquitable.

Conséquence : des employés engagés doutent de la valeur de leur contribution, ce qui favorise la démobilisation, le retrait psychologique et l’épuisement (burnout).

Les données démontrent clairement l’impact d’un manque de culture de reconnaissance :

  • 81 % des leaders ne considèrent pas la reconnaissance comme une priorité stratégique

  • 73 % des gestionnaires n’ont reçu aucune formation sur le sujet

  • 2 dirigeants sur 3 n’y consacrent aucun budget.

Pourtant, les bénéfices pour la santé organisationnelle sont significatifs :

  • les employés reconnus sont 6 fois plus susceptibles d’innover,

  • 56 % moins enclins à envisager un départ,

  • 4 fois plus susceptibles de recommander leur organisation.

La reconnaissance au travail constitue donc un investissement stratégique et un facteur important de prévention des RPS.

Pourquoi la reconnaissance est un besoin humain fondamental

Plus de trois quarts des employés déclarent ne pas recevoir la reconnaissance nécessaire. Ce manque affecte directement :

  • la motivation intrinsèque

  • le sentiment d’appartenance

  • la perception de justice organisationnelle

  • la mobilisation

  • la prévention de l’épuisement professionnel

  • la qualité des relations de travail.

Dans de nombreux diagnostics organisationnels, l’absence de reconnaissance est l’un des premiers indicateurs d’une surcharge chronique ou d’un désengagement.

Lire aussi notre article Risques psychosociaux au travail : bien comprendre pour mieux prévenir

Les quatre formes de reconnaissance : ce qui influence réellement la mobilisation

Pour avoir un réel impact sur la mobilisation, la reconnaissance doit être multidimensionnelle :

  1. La reconnaissance existentielle — « Je te vois. »

    Elle valorise la personne : ses qualités humaines, son rôle, sa posture professionnelle.

    Exemple : souligner la diplomatie d’une employée qui désamorce des situations difficiles accroît sa confiance et son influence positive.

  2. La reconnaissance des efforts — « Je reconnais ce que tu mets dedans. »

    Elle valorise l’énergie, la persévérance, l’engagement — même en cas d’échec.

    Exemple : reconnaître une équipe qui a stabilisé un processus complexe malgré plusieurs imprévus renforce sa résilience et son sentiment d’efficacité.

  3. La reconnaissance des pratiques de travail — « Ta manière de faire compte. »

    Cette forme est souvent la plus mobilisatrice, car elle valorise la rigueur, l’anticipation, la collaboration et la créativité.

    Exemple : valoriser la capacité d’un technicien à prévenir des pannes grâce à un suivi proactif.

  4. La reconnaissance des résultats — « Voilà ce que tu as accompli. »

    Utile, mais insuffisante à elle seule : elle peut occulter les efforts ou générer une compétition interne si elle n’est pas équilibrée.

    Exemple : reconnaître uniquement les résultats peut entraîner des écarts de perception ou réduire la qualité du climat de travail.

Reconnaissance de qualité : les critères qui créent un impact réel

Pour être efficace, la reconnaissance doit répondre à des critères précis afin d’éviter d’être perçue comme superficielle :

  • Authentique : une reconnaissance qui sonne faux est contre-productive.

  • Spécifique: préciser ce qui a été utile, transformateur ou apprécié.

  • Proximité : l’impact est maximal lorsqu’elle provient du gestionnaire direct.

  • Réactivité : reconnaître au moment opportun amplifie l’effet psychologique.

  • Personnalisée : privé, public, formel ou informel : chacun a sa préférence.

  • Variée : combiner gratitude, considération et les quatre formes de reconnaissance.

Pour aller plus loin, découvrez le livre Le pouvoir de la reconnaissance au travail

Attention à ne pas oublier les travailleurs de l’ombre

La continuité opérationnelle dépend souvent de rôles moins visibles, tels que le personnel d’entretien, les techniciens, le personnel administratif, les commis et les manutentionnaires. Pourtant, la reconnaissance est majoritairement accordée aux rôles visibles ou décisionnels.

Ces travailleurs absorbent des irritants et contribuent discrètement à la fluidité des opérations. Ces travailleurs absorbent des irritants, préviennent des incidents et contribuent discrètement à la fluidité des opérations. Reconnaître ces contributions invisibles est un choix culturel et un puissant levier pour renforcer la justice organisationnelle (facteur de protection contre les RPS).

La reconnaissance, un outil de gestion incontournable

La reconnaissance n’est ni un geste symbolique ni une pratique accessoire. C’est un acte de gestion à part entière et un indicateur de maturité organisationnelle. En vertu de la Loi 27, elle devient un levier incontournable pour soutenir la santé psychologique et renforcer la performance durable.

Les organisations qui choisissent de reconnaître de manière juste, cohérente et structurée créent des environnements où les personnes peuvent réellement s’épanouir — et où les résultats suivent naturellement.


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Références :

  • MOOC Cultiver la reconnaissance au travail, Université Laval, dirigé par Jean-Pierre Brun, 2024

  • Josh Bersin, 2021

  • Gallup & Workhuman, 2022

Jessy Riel

Jessy Riel est fondatrice d’Ax Conseil, une entreprise qui accompagne les gestionnaires à surmonter les défis de nature humaine, relationnelle et organisationnelle en conjuguant saine performance, santé mentale et bienveillance.

Détentrice d’un diplôme d’études supérieures spécialisées en conseil en management et d’un baccalauréat multi en psychologie, santé mentale et criminologie, elle cumule plus de 12 ans d’expérience en intervention auprès d’une vaste clientèle. Ses deux champs d’expertise font d’elle l’alliée #1 des leaders qui désirent déployer le potentiel humain tout en cultivant quotidiennement la santé psychologique et le bien-être au travail.

À titre de coach, formatrice et facilitatrice certifiée, elle est reconnue pour la qualité et la précision de ses interventions qui font émerger à tout coup des prises de conscience puissantes qui ouvrent la voie vers un changement sain, bénéfique et durable.

Ses sujets de prédilection sont les saines pratiques de gestion, l’efficacité personnelle, professionnelle et relationnelle, l’intelligence émotionnelle, la communication et la santé mentale.

https://www.axconseil.com
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